samedi 13 février 2016

Parc national Los Glaciares: Perito Moreno et Fitz Roy

23 au 28 janvier

Du parc Torres del Paine, nous traversons la steppe patagone pour retourner à El Calafate en Argentine, et croisons en route un gaucho au travail


El Calafate est le centre du parc national Los Glaciares, qui inclut, dans sa partie sud, plusieurs grands glaciers se jetant dans le lac Argentino, et dans sa partie nord, le massif du Fitz Roy. Avant d'entamer notre randonnée suivante autour du Fitz Roy, nous rendons visite au célèbre glacier Perito Moreno.
Ce glacier présente plusieurs particularités qui le distinguent de ses voisins descendant comme lui du champ de glace (Campo de Hielo Sur). Il avance très rapidement (de 2 mètres par jour) et de gros blocs de glace s'effondrent  régulièrement dans le lac (un gros sérac toutes les dix-quinze minutes pendant le temps que nous y avons passé). Il aboutit dans le lac à l'endroit où celui-ci est rétréci par une presqu'ile. Son avancée provoque un barrage qui coupe le lac en deux (la partie "amont" quelques mètres au dessus de la partie "aval") jusqu'à ce qu'une vidange massive et spectaculaire rétablisse la continuité du lac (la prochaine vidange est prévue entre avril et décembre, trop tard pour nous). Chaque vidange est annoncée plusieurs jours à l'avance et attirent beaucoup de curieux. 
Accessibles par une route goudronnée, les abords du glacier sont très fréquentés; on peut le découvrir en empruntant des passerelles, ou en bateau.

Séracs vus du bateau
 Chutes de séracs
 
Iceberg

L'amont du glacier sous un temps menaçant

Le soleil revient et nous offre une gloire

De retour à El Calafate, nous repartons vers le Nord, à nouveau à travers la steppe. nous faisons halte dans une auberge où serait passé Butch Cassidy
Nous gagnons El Chalten, village créé il y a une trentaine d'années, comme point de départ des randonnées vers le Fitz Roy.
Le Fitz Roy (3405m), est le point culminant de la chaîne d'aiguilles acérées qui sépare le champ de glace des steppes argentines (ici vue d'avion depuis notre vol vers Punta Arenas, côté champ de glace, le Fitz Roy est à gauche et le deuxième sommet du massif, le Cerro Torre, à droite)
Son nom indien, El Chalten, qui a été donné au village, signifie "la montagne qui fume", mais ce n'est pas un volcan, ce nom vient du nuage qui ne le quitte que rarement. Pour notre part, nous avons eu beaucoup de chance et l'avons souvent vu dégagé. Fitz Roy était le capitaine du Beagle, le navire qui a transporté Darwin en Patagonie, son nom a été donné à la montagne à la fin du XIXe siècle.

Notre randonnée commence par le sentier conduisant à la Laguna Torre (à droite de Françoise, Mariano notre guide argentin et Pascale notre guide française)
Notre campement (ici la tente mess) est situé dans une belle forêt
Un habitant de la forêt (pic de Magellan, Carpintero gigante) au travail
Plus loin, un bâtiment en voie de disparition de la gendarmerie nationale argentine
Nous sortons de la forêt et le Cerro Torre (3102m), d'abord dans les nuages, commence à se découvrir
avec son lac et ses glaciers
La tombée de la nuit nous offre des nuages bizarres
et une vue de plus en plus dégagée des sommets
C'est encore mieux le lendemain matin
Nous contournons le massif par l'Est et changeons bientôt de fond de décor
Nous avons droit à une visite rapprochée d'un des seigneurs de l'endroit (condor ou vautour noir, nous ne sommes pas sûrs)
avant de monter au lac situé sous la face Est du Fitz Roy, la Laguna de los Tres
Vue plongeante sur le lac voisin, la Laguna Sucia, dominé par l'aiguille Saint-Exupéry (2558m)

Les deux lacs

Notre groupe pique-niquant sur le petit sommet entre les deux lacs
Le soir, nous redescendons dans la vallée pour dormir dans un confortable campement composé de petites cabanes. La pelouse est tondue par des animaux venus du Nord ...
Le lendemain, nous faisons l'ascension de la Loma del Diablo, un petit sommet (1764m)
  bien situé face au versant Nord de la chaîne
et qui offre également une belle vue sur les vallées et lacs en contrebas

Le lac du condor

Lacs bleu et vert


Le lendemain, pour notre dernier jour dans le massif, nous remontons le rio Electrico, nommé ainsi en raison de la couleur rouge de la montagne qui le domine (cerro Electrico)
Il faut passer quelques gués
et traverser une propriété privée qui réclame un droit de passage (plus cher que de passer la nuit chez eux!)
avant de parvenir au grand lac Electrico
et, un peu plus haut, au petit lac Pollone situé directement sous la face Nord du Fitz Roy (cette fois-ci avec son nuage personnel)
Sur le chemin, de belles fleurs de notro (Embothrium coccineum) nous accompagnent jusqu'au pied des glaciers.





jeudi 4 février 2016

Torres del Paine

18 au 22 janvier

Changement radical de paysage en arrivant à El Calafate, en Patagonie continentale argentine. Les montagnes enneigées et les forêts d'Ushuaia font place à une steppe aride. La ville est toute proche du grand lac Argentino, entre les deux s'intercale une petite lagune (Laguna Nimiez) peuplée de flamants roses

et d'autres oiseaux se laissant volontiers photographier, comme ce vanneau
et son voisin l'ibis à tête noire (Bandurria austral)
A El Calafate, nous rejoignons un groupe de randonnée de l'agence française Atalante pour partir vers les montagnes Torres del Paine et Fitz Roy. Nous sommes six, nous deux, un géologue (qui aura de nombreuses occasions de nous décrypter le paysage), un archéologue (moins sollicité dans cet environnement où la présence humaine est rare), une physicienne et la guide française (qui partage sa vie entre le Chili - pendant l'été austral - et la France - pendant l'été européen).

Nous tournons dans un premier temps le dos au lac Argentino pour nous diriger vers la frontière chilienne.

Notre objectif, le massif des Torres del Paine, apparaît au loin (à plus de 100 kms)
Le poste frontière chilien
 et son café-bazar "Far West"

Nous campons au bord du lac Pehoe, en face du massif et en particulier des Cuernos (cornes) du Paine, dont l'aspect de gâteau marbré provient du contraste entre les couches sédimentaires sombres et le granit plus clair (j'espère ne pas avoir tout confondu dans ce que notre ami géologue nous a expliqué)
Le lendemain, nous traversons le lac Pehoe
puis un camping quelque peu surpeuplé
et, pour notre premier jour de randonnée, allons rendre une visite distante (la photo est prise à plusieurs kilomètres) au glacier Grey, qui descend du champ de glace sud de Patagonie
Le sentier traverse une belle forêt de nothofagus
 
En route, nous rencontrons des oies de Patagonie (cauquenes)
Le lendemain, nous pénétrons au coeur du massif dans la "vallée du Français" (valle del Frances),  au pied du point culminant du massif, le Paine Grande (3050m)
Des avalanches impressionnantes descendent toute la journée du glacier sous le sommet (dit "glacier français"). Leur grondement s'entend à des kilomètres.
En haut de la vallée, nous découvrons le sommet dit "aileron du requin" (aleta del tiburon)
Dans la forêt en face du glacier, un touriste se prend pour un ranger...
Le lendemain, il fait toujours beau et nous en profitons pour tester l'eau du lac Nordenskjöld, alimenté, entre autres par le torrent qui descend du glacier français...
Résultat des tests: on peut y rester une ou deux minutes, guère plus - probablement un peu moins de 15°
Tout le groupe y va, y compris Françoise
Dans les prairies au dessus du lac, nous rencontrons différents oiseaux
Caracara ("carancho")
Vanneau ("tero")
 Pic ("Carpintero pitio", Colaptes pitius)

et, de plus loin, nos premiers condors, reconnaissables au dessous des ailes blanc

Grand beau temps pour notre quatrième et dernier jour de randonnée dans ce très beau parc. Nous montons au lac situé directement sous les trois "tours" qui ont donné son nom au parc. Contrairement aux apparences, c'est celle de gauche la plus haute des trois...



Et pour finir, comme promis dans un article précédent, le massif vu du ciel, photo prise lors de notre vol de Santiago à Punta Arenas.


Au bout du monde

14 au 17 janvier

Ushuaia se présente comme la ville du bout du monde et en fait commerce (mais n'attendez pas de cartes postales prétimbrées "fin del mundo", nous n'en avons pas acheté)


Pendant les trois jours que nous y passons, nous faisons deux randonnées dans le parc national Tierra del Fuego, peuplé de nombreux oiseaux peu farouches, comme cette oie de Patagonie (cauquen)

ou ce héron

Une particularité de ce parc est l'abondance des castors. Nous n'avons pas vu les castors eux-mêmes, actifs surtout la nuit, mais leurs impressionnants barrages valent ceux des ingénieurs d'EDF.
Malheureusement, les dégâts sur la végétation sont considérables et les autorités du parc cherchent maintenant à réduire la population de ces animaux, à l'origine imprudemment importés du Canada pour en faire l'élevage et exploiter leur fourrure.

Le parc national fait face aux photogéniques montagnes enneigées de l'île Hoste, en territoire chilien de l'autre côté du détroit de Beagle et donc inaccessibles depuis Ushuaia.

Mais une randonnée vers les montagnes qui dominent directement Ushuaia (cerro Martial) nous permet (sous un beau soleil) de retrouver le contact direct avec la neige.

Arrivés à Ushuaia en bateau, nous en repartons en avion, direction El Calafate où nous attend une randonnée de deux semaines vers les parcs nationaux  Torres del Paine et Los Glaciares (prochains articles!)