jeudi 10 décembre 2015

Milford Track

5 au 8 décembre

Le Milford Track est un sentier de randonnée qui relie le lac Te Anau, sur le versant Pacifique (Est) et le Milford Sound, fjord de la mer de Tasman (Ouest). Il traverse une région montagneuse parmi les plus arrosées de la planète: 6 à 7 m d'eau par an sur le versant Ouest. Les randonneurs y sont soumis à un numerus clausus: chaque jour, un maximum de 50 randonneurs "guidés" par l'agence Ultimate Hikes, dormant dans des refuges-hôtels en pension complète, et de 50 randonneurs "indépendants", dormant dans des refuges non gardés en autonomie, peuvent prendre le départ. Nous avons choisi la version bourgeoise, la randonnée "guidée". Notre groupe de 43 personnes est constitué pour un tiers d'Australiens, pour un tiers de Néo-Zélandais, et pour un tiers d'autres nationalités: six Coréens, une Chinoise, trois Américains, deux Canadiens, deux Finlandais et nous. Nous sommes guidés par une équipe très bien organisée et sympathique de deux garçons et deux filles. Chacun marche à son rythme mais il y a toujours un guide en tête et un autre en queue pour assurer la sécurité.

Avant de commencer la randonnée, nous traversons le lac Te Anau en bateau:


Le bateau passe devant une croix commémorative en l'honneur du découvreur du passage que nous allons emprunter, Quentin Mackinnon
Le temps s'annonce comme prévu...


Départ dans la forêt pour rejoindre le premier refuge

Les guides nous offrent un petit cours de botanique dans la forêt autour du refuge.
Le bois de lance (lancewood, Pseudopanax crassifolius) n'a pas de feuilles quand il est jeune, celles-ci ne poussent qu'au dessus de 3-4 m de haut. Les naturalistes pensent que c'était une protection contre l'appétit du moa, un poulet géant de 3m de haut disparu avant l'arrivée des Européens.
Françoise à l'exercice pendant le cours de botanique


Notre premier refuge, Glade House


est situé près d'un pont suspendu sur la rivière Clinton


Le lendemain matin, bonne surprise, les nuages sont partis et il fait beau


Nouveau cours de botanique dans un marais.

Drosera, plante carnivore rouge



Mousse "corail"


Turpentine shrub (Dracophyllum uniflorum)


La Nouvelle-Zélande, dont tous les mammifères (à part les chauves souris) sont importés, est le pays des oiseaux, pour certains très peu farouches. Les photographes en profitent sur ce sentier forestier

Toutouwai (New Zealand robin, Petroica australis)


Piwakawaka (Fantail, Rhipidura fuliginosa)

Weka (gallirallus australis)
Nous suivons la rivière Clinton dont la transparence nous permet de voir des couleurs de peintre




des anguilles




et des truites


Le chemin bien tracé sort de la forêt


pour nous permettre de surprendre un canard en vol

et un plongeur sous une cascade


Le chemin traverse de nombreux couloirs d'avalanche et n'en sort pas toujours indemne


Peu avant d'arriver au deuxième refuge, nous avons une première vue, sous un beau ciel bleu,  du col que nous allons franchir le lendemain


Le lendemain matin, le même col.....nous rappelle qu'ici l'hiver s'invite souvent en été


Au départ de l'étape, la forêt nous protège du mauvais temps

mais une fois à découvert, nous nous retrouvons sous la pluie puis la neige, en compagnie de fleurs alpines plus habituées au mauvais temps.

Marguerites des montagnes



"plantes ananas" (pineapple scrub, Dracophyllum menziesii) couvertes de neige



anémones géantes


Nous arrivons au  col de Mackinnon Pass (1154m) battu par le vent



Le refuge sous le col est aussi froid à l'intérieur qu'à l'extérieur mais nos guides nous attendent avec un chocolat chaud


Première vue de la vallée dans laquelle nous allons descendre

Sur ce versant plus abrupt et plus arrosé, les torrents forment d'énormes cascades


la forêt humide se couvre de barbes



nous traversons les torrents sur des "ponts de singe"



Les Sutherland Falls, proches de notre refuge du soir, sont parmi les plus hautes du monde: 580 mètres en trois chutes. Après la première chute, l'eau rebondit dans un fracas de rochers qui évoque un avion qui décolle.


De loin:


De près


Indifférent au bruit et à l'humidité, un kea attend les touristes au pied de la cascade

Revenus au refuge, nous voyons le temps s'éclaircir et les montagnes se dégager.

La dame des neiges (Lady of the Snows)


Le lendemain matin, grand beau pour notre dernière étape de marche.

Le chemin a été endommagé la semaine précédente par un glissement de terrain qui a fait tomber de nombreux arbres mais les forestiers ont dégagé un passage pour les randonneurs

 
Encore une cascade au débit impressionnant (Mac Kay Falls)



La forêt humide

nous donne l'occasion d'un dernier cours de botanique

"Oignon maori"


Fuchsia (arbre endémique à l'écorce qui pèle, dont les fleurs ressemblent aux variétés botaniques de nos jardins)


Wharakiri (Mountain flax, Phormium cookianum, une variété d'agave)


Fougère arborescente


et d'ornithologie:

Weka adulte et jeune weka


A l'approche de la mer, la rivière devient plus calme


même si un affluent nous donne l'occasion d'un dernier pique-nique sous une cascade (Giant Gate Falls)


Et nous arrivons à la fin du sentier




Un petit bateau (caché sous les arbres à droite de la photo) nous attend


pour nous emmener au lodge de Ultimate Hikes au fond du Milford Sound


Avant d'arriver, nous passons près d'une cascade au débit impressionnant (Bowen Falls) qui se jette directement dans la mer


Le lendemain, avant de rentrer à Queenstown, nous faisons une petite croisière jusqu'à l'embouchure du fjord. Ce sera pour l'article suivant...








jeudi 3 décembre 2015

Queenstown

30 novembre au 4 décembre

Longue route entre la péninsule de Banks et le départ de notre prochaine randonnée de plusieurs jours, Queenstown.

Nous traversons d'abord une grande plaine agricole avec des milliers de moutons et de vaches de luxe qui pâturent dans des prés à arrosage automatique. L'eau vient des rivières issues des Alpes néozélandaises et de leurs glaciers, abondantes à la sortie de la montagne mais à sec dans la plaine à cause des prélèvements effectués. Les villages ont comme ailleurs des centres commerciaux, mais pas avec les mêmes magasins: engins agricoles, semences, etc. Les routes sont parcourues de nombreux camions, ce qui n'était pas le cas en Tasmanie.

Nous entrons ensuite dans la montagne, avec nos deux premiers lacs glaciaires, de plusieurs dizaines de kilomètres de long: le lac Tekapo

et le lac Pukaiki
au bout duquel on aperçoit encore (plus pour longtemps) le bas du mont Cook, point culminant du pays. Vu le mauvais temps annoncé, nous renonçons à y aller et continuons directement vers Queenstown, qui bénéficie en principe d'un climat plus ensoleillé.

Queenstown est selon le guide Lonely Planet la capitale des sports "extrêmes", nous dirions plutôt "branchés": parachute ascensionel tiré par un bateau (pas rassurant du tout par grand vent)


suspension au bout d'un filin au dessus d'un précipice, luge d'été, sans oublier les pirouettes des jet skis et hors bord à fortes sensations et dont le bruit troublerait la tranquillité du lac s'il n'était pas recouvert de temps à autre par celui des hélicoptères. Par ailleurs, tout est payant et cher dans cette ville qui, malgré son site magnifique

ne nous a pas séduits plus que ça.

Heureusement, il y a les montagnes environnantes. Nous fiant à la météo locale, extrêmement précise (prévisions par tranches de 2h, le jour de notre ascension, il pleuvait le matin mais la météo annonçait depuis la veille la fin de la pluie entre 12 et 14h et du soleil ensuite et c'est exactement ce qui s'est produit), nous décidons d'aller gravir une des montagnes qui dominent la ville, accessible par un bon sentier, le Ben Lomond (1748m). Arrivés sur la crête, première bonne surprise. Outre la vue en arrière sur le lac et la ville (voir photo précédente), nous découvrons de l'autre côté un paysage sauvage dominé par des montagnes enneigées



Parvenus au sommet, équipé d'une table d'orientation à l'ancienne

alors que nous admirons le paysage, deuxième bonne surprise avec un visiteur imprévu qui vient se poser juste devant nous



c'est un Kea, un perroquet vert des montagnes endémique de Nouvelle Zélande, connu pour son intelligence et sa curiosité, dont le port altier correspond bien à son nom scientifique Nestor notabilis.

Les Parisiens peuvent en voir un au Jardin des Plantes.

Nous n'avons rien à lui proposer ni pain ni trognon de pomme...
et au bout de quelques minutes, il décide de repartir d'où il est venu en plongeant depuis le bord de la falaise, vers un probable nid inaccessible et invisible pour nous.






Ce contact avec la nature sauvage nous réconcilie avec les lieux et nous attendons avec impatience notre départ demain (samedi 5) pour une randonnée de cinq jours vers le Milford Sound.

Prochain article au retour.......